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Discours du Président des Amis de Saint-Jacques - Liège 2010

lundi 26 juillet 2010

Mettre saint Jacques à l’honneur !

Chers Amis,

Aujourd’hui, saint Jacques est à l’honneur car nous sommes le 25 juillet. De plus, ce jour est un dimanche et donc, l’année est déclarée Année Sainte.

Mettre saint Jacques à l’honneur c’est mettre à l’honneur ses pèlerins de par leurs qualités humaines. Les marcheurs de la foi sont à l’honneur car ce sont eux qui marchent ou qui roulent vers la tombe de notre Ami commun à tous, tombe située, là-bas, au nord-ouest de la péninsule ibérique, au bout de tous ces chemins qui, à une époque, ont construit l’Europe.

Après des centaines de kilomètres à pied ou en vélo, ils arrivent à Saint-Jacques en une file quasi continue. Année Sainte… année jubilaire, année de joie ! Et c’est vrai qu’ils sont heureux, les pèlerins à leur arrivée. Leur compostella fraîchement reçue, ils sont joyeux de leur pèlerinage réussi. Remportée la victoire ! Oubliées les difficultés ! Oui, ils sont heureux de l’exploit accompli.

L’affiche officielle de l’Année Sainte 2010 présente un groupe de pèlerins vus de dos, le sac à dos orné de la coquille Saint-Jacques, faisant la file et passant la Porte Sainte. Ils forment un groupe, une masse compacte qui avance vers la Porte Sainte. Mais c’est, un à un, qu’il la franchisse, cette fameuse Porte Sainte, ouverte uniquement lors des Années Saintes. C’est ensemble que les pèlerins marchent, mais c’est seul à seul, face à lui-même, que le randonneur devenu pèlerin passe la Porte Sainte, symbole du salut que le pèlerin se prépare à recevoir, moyennant une vie droite, juste, solidaire, au service des autres… Et ses fautes, ses manques, ses inévitables péchés, le Seigneur Jésus Christ, l’Ami de saint Jacques, assure, à coup sûr, le pardon de toutes les fautes, même les plus graves. La réconciliation avec soi-même, les autres ou Dieu, ne procure-t-elle pas une joie indescriptible ? En tout cas, Dieu est plus grand que notre propre cœur et pour Lui, il y a plus de joie au Ciel pour un pécheur qui se repent que pour 100 justes.

Oui, pèleriner, et spécialement au cours d’une Année Sainte peut être un formidable temps de réconciliation avec soi-même d’abord, avec les autres ensuite, et, si le pèlerin s’ouvre à la dimension transcendante, à Dieu lui-même qui ne désire que cela ! N’amputons jamais une Année Sainte de toutes ses mystérieuses dimensions. Oui, oui, une Année Sainte est une année jubilaire suscitée par la réconciliation qui invite à la fête et donc, à la joie ! Ultreia, mes Amis, vivons à fond, ce temps de grâce que l’Eglise de Compostelle nous propose aujourd’hui ! Et pour cela, cheminons ensemble !

Dans une vie bien humaine, le pèlerinage est un merveilleux temps d’insouciance, où, le temps de sa démarche, le pèlerin est déconnecté de tout : ses soucis, sa vie familiale, professionnelle, personnelle, associative. Tout est, pour lui, organisé, préparé, fléché… plein ouest est la seule direction dont il doit se soucier un peu ! En fait, il lui suffit d’avancer à petits pas, de jour en jour, 20 à 30 kilomètres de moyenne par jour, mouillant sa chemise ou son maillot, ses bottines recouvertes de la poussière du chemin ou de la rosée matinale, sa cape déployée au grand vent du Chemin. Ainsi, sans doute, vit-il son pèlerinage comme une expérience de vie humaine, spirituelle, religieuse et parfois même mystique !

Oui, c’est vraiment la joie qui anime le pèlerin qui a réussi en bravant toutes les difficultés inhérentes à son entreprise. Joie, à Compostelle, des retrouvailles avec les Amis du Chemin, de se sentir bien, d’avoir réussi avec grande distinction et les félicitations de la Cathédrale, mais aussi de saint Jacques, leur démarche tellement exigeante et complète. Joie de détenir et de montrer la belle attestation de pèlerinage où il est inscrit en latin que c’est pour cause de dévotion que le pèlerin a reçu sa compostella.

Evoluant en pleine nature, c’est vrai que face à lui seul et à Dieu qui habite au plus profond de son cœur bien humain, le pèlerin de Saint-Jacques, se sent bien avec lui-même, se sent en harmonie avec les autres qu’il côtoie au fil des journées pèlerines, au hasard du Chemin et le soir au gîte où il partage le repas. Comment ne pas revenir grandement satisfait d’une telle expérience de vie ? Entre pèlerins, pas de compétition comme pour un Mondial de football ou un Tour de France où l’on envie et jalouse le premier mais une saine émulation où chacun se réjouit que l’autre soit toujours là, de jour en jour. Son trophée, sa médaille, sa coupe ce sera sa compostella qui récompensera tous les efforts persévérants et endurants dans une démarche ouverte à bien plus grand que soi !

A la fin de son périple, le pèlerin le comprend, le pressent : il sait qu’arriver à Compostelle, recevoir la compostella, assister et participer à la messe des pèlerins n’est pas la fin de sa démarche, mais, peut-être, tout simplement, le début d’un autre chemin, un chemin qui ne cessera, sans doute, jamais ! Celui d’une Quête incessante, qui se poursuivra bien au-delà du kilomètre « zéro » de la Place de l’Obradoiro, que l’on pourrait, pour ces millions de pèlerins parvenus jusque là, renommer « Place de la Victoire », devant la si belle façade de la cathédrale de Saint-Jacques.

Le pèlerinage est donc un temps privilégié donné à plus grand que soi : Dieu ! Un pèlerinage complètement vécu inclut en lui-même cette ouverture à cette dimension transcendante de son existence où, par sa démarche tellement simple, le pèlerin fait un petit pas de plus vers l’Intérieur de lui-même et vers l’Idéal vers lequel l’Absolu invite chaque pèlerin personnellement à vivre debout sa vie d’être humain.

Aujourd’hui, c’est la fête de saint Jacques, de ses Amis, de ses Associations qui travaillent à son service afin de promouvoir au mieux le pèlerinage, ses chemins disséminés aux quatre coins de l’Europe, et de permettre ainsi à tous les pèlerins d’aller vivre une exceptionnelle expérience de vie ! Je voudrais donc remercier simplement toutes celles et tous ceux qui marchent, qui roulent ou qui oeuvrent pour le bien de saint Jacques et de la cause jacquaire. Ceux du Conseil d’Administration bien sûr, mais aussi celles et ceux qui travaillent hors C.A. et sans lesquels l’Association Belge des Amis de Saint Jacques de Compostelle, ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui ! Soyons fiers de ce que nous sommes : des pèlerins ! Un pèlerin, tout simplement un pèlerin ! Un pèlerin de Saint-Jacques ! Un pèlerin de saint Jacques ! Soyons fiers de celui que nous vénérons : saint Jacques le Grand apôtre, qui fait marcher ou rouler tant de pèlerins d’aujourd’hui comme de toujours ! Merci à tous ! Ultreia !

Pierre Genin, Président de l’Association Belge des Amis de Saint Jacques de Compostelle, A.S.B.L.

Ecrit à Compostelle les 20-21 juillet 2010, à la fin de mon pèlerinage Porto-Santiago et de son séjour à Compostelle.


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